Traumatisme et stress post-traumatique

Le traumatisme n’est pas seulement un événement douloureux : c’est un moment où quelque chose en nous s’est figé, ou l’instinct de survie a dû prendre le relais pour nous préserver. L’EMDR aide à apaiser la mémoire du choc en réactivant le traitement naturel du cerveau. La Relance de la Dynamique Personnelle (RDP) permet au corps de retrouver le mouvement, la fluidité et l’apaisement. La particularité de cette approche est qu’elle agit sur la racine archaïque du trauma, notamment celui de la naissance, premier passage souvent resté en mémoire.

Sommaire :

Main tendue dans une fumée sombre représentant un traumatisme et une détresse émotionnelle.

Le mot traumatisme vient du grec trauma, qui signifie « blessure ».

Selon l’Organisation mondiale de la santé, un traumatisme psychologique est « une expérience qui dépasse la capacité d’une personne à faire face à l’événement ». Autrement dit, ce n’est pas tant l’événement en lui-même qui fait trauma, mais le débordement intérieur qu’il provoque. Quand nos ressources sont dépassées, quelque chose en nous se fige.

Un traumatisme peut être brutal : accident, agression, deuil, rupture Ou progressif : vivre longtemps dans la peur, le rejet ou le manque d’amour.

Dans tous les cas, le corps garde la mémoire. L’esprit peut tenter d’oublier, mais le corps, lui, parle : tensions, insomnies, émotions disproportionnées, sursauts au moindre bruit, fatigue inexpliquée.

Jean Ambrosi, créateur de la Relance de la Dynamique Personnelle, résumait cela ainsi :

« Le traumatisme, c’est un moment où le cognitif est absent. »

Autrement dit, c’est le moment où notre intelligence rationnelle perd pied, et où seul l’instinct prend le relais pour nous protéger. Le trauma, c’est cette rupture entre la tête et le corps, entre la compréhension et la survie.

Traumatisme aigu :

  • Ce type apparaît après un événement unique et soudain : un accident de voiture, une agression, un sinistre naturel, un effondrement ou un sauvetage. 
    • Exemple : être victime d’un braquage, subir un accident grave, la maison qui s’effondre après un tremblement de terre.
    • Caractéristique : choc brutal, peur intense, sentiment d’impuissance immédiat.

Traumatisme chronique :

  • Résulte d’une exposition prolongée ou répétée à des conditions traumatiques : violences régulières, négligence, harcèlement, abus 
    • Exemple : un enfant grandissant dans une famille violente, un adulte exposé à des agressions verbales ou physiques répétées, une personne vivant longtemps dans une zone de guerre.
    • Caractéristiques : accumulation de stress, fatigue constante, parfois adaptation apparente mais avec des risques psychologiques et corporels.

Traumatisme complexe

  • Combine souvent plusieurs événements ou une exposition prolongée dès l’enfance, impactant le développement, la confiance, les relations. 
    • Exemple : un enfant victime d’abus sexuels, abandon affectif
    • Caractéristique : difficultés multiples (émotionnelles, relationnelles, corporelles), souvent besoin de travail thérapeutique global.

Traumatisme du développement / de l’enfance

  • Expériences traumatiques vécues très tôt : séparations, négligence, absence de relation sécurisante. 
    • Exemple : un enfant sans attachement parental, une naissance compliquée ou une hospitalisation prolongée très jeune.
    • Caractéristiques : traces dans le corps, dans la manière de se relier, dans le schéma relationnel d’adulte.
Homme assis face à une ombre menaçante illustrant le stress post-traumatique.

Selon l’Inserm, le trouble de stress post-traumatique est “un état de reviviscence, d’hypervigilance et d’évitement persistant après un événement ayant menacé la vie ou l’intégrité de la personne.”

Concrètement, cela se manifeste par :

  • des cauchemars ou des images qui reviennent sans prévenir,
  • une peur constante,
  • des tensions physiques, des sursauts, une fatigue profonde,
  • parfois un sentiment d’être “absent de soi”.

Le corps reste bloqué dans la réaction de survie : fuite, combat ou sidération. Même si le danger est passé, le système nerveux continue de croire qu’il doit se défendre.

L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une méthode validée par l’OMS et l’Inserm pour le traitement du stress post-traumatique. Elle consiste à stimuler les deux hémisphères du cerveau (par le mouvement des yeux, des sons ou des tapotements alternés) pendant que la personne repense à l’événement. Ce va-et-vient bilatéral aide le cerveau à retraiter une information émotionnelle restée bloquée.

Peu à peu, les souvenirs perdent leur charge douloureuse : la scène reste en mémoire, mais ne fait plus souffrir.

Dans la vision de Jean Ambrosi, le traumatisme n’est jamais seulement un événement douloureux. C’est avant tout une rupture du mouvement : un instant où le cognitif s’effondre et où le corps prend les commandes pour survivre. Le traumatisme, disait-il, c’est un moment où le cognitif est absent”.

Cette phrase résume toute la philosophie de la Relance de la Dynamique Personnelle (RDP) : le trauma n’est pas une faute ni une faiblesse, c’est le signal que le vivant a dû agir seul, sans la tête. Le cœur de la démarche est de relancer la dynamique du corps : le trauma contemporain n’est souvent qu’un écho d’un trauma archaïque ; en travaillant sur la racine, on travaille sur le présent.

Fœtus dans une bulle bleue symbolisant le traumatisme de naissance et la Relance de la Dynamique Personnelle.

La RDP ne cherche pas à analyser cette mémoire, mais à rétablir le mouvement naturel interrompu. Par le corps, elle redonne au système la possibilité de rejouer ce passage.

Le traumatisme de la naissance représente, selon Jean Ambrosi, l’une des premières empreintes laissées dans le corps.  C’est une véritable épreuve physique : le bébé passe d’un univers fluide et chaud à un monde dense, lumineux et bruyant. Puis il se déchire les alvéoles pulmonaires pour respirer (coupure du cordon), subit une brusque gravité, parfois la traction des forceps et autres événements. Ces instants s’impriment comme une trace, une marque corporel. Mais, cela n’est pas un souvenir conscient, car la mémoire du cerveau n’était pas encore là pour enregistrer la scène. C’est une mémoire sensorielle : celle du passage, de la séparation et de l’effort.

Dans la Relance de la Dynamique Personnelle, cette mémoire est abordée avec infiniment de respect. On ne cherche pas à revivre cet instant ni à la mentaliser ; on permet simplement au corps de retrouver le mouvement interrompu, mal vécu ou vécu en partie.

Un corps qui a vécu une naissance contrainte (forceps, césarienne, cordon autour du cou, lumière violente) a pu enregistrer un mouvement “en force” ou “à contre-courant” : en conséquence, dans sa vie, la personne aura potentiellement tendance à contrôler, à anticiper, à vivre tout départ comme une lutte ou alors manquer d’élan pour s’intégrer dans le monde. Cela étant très propre à chacun/chacune.

Le traumatisme de la naissance ne disparaît pas : il s’intègre.

La RDP considère que la manière de se lever le matin révèle souvent ce passage originel. 👉 Page sur la méthode

En Relance de la Dynamique Personnelle, un traumatisme ne se règle pas en une séance, ce n’est pas une méthode miracle. Il n’existe pas de raccourci. Le travail se fait dans la douceur, au rythme du corps et du temps que met la personne à tolérer et intégrer les changements. Ce n’est pas un processus spectaculaire ; c’est un chemin de reprise de contact avec soi, étape après étape.

Le but n’est pas de supprimer l’événement ou de l’effacer, mais de prendre peu à peu de la distance avec ce qui s’est passé. Quand cette distance se crée, le corps peut enfin commencer à digérer ce qui a été vécu. Les émotions se nettoient, la charge se relâche, et le souvenir perd de son intensité.

Le traumatisme, dans cette approche, est vu comme une trace dans le corps : une zone de vide, une tension, une douleur, une fermeture. Ces zones peuvent être retrouvées, ré-habitées, remises en mouvement, même longtemps après. Le corps garde la mémoire, mais il garde aussi la capacité de se réparer. Au fil des séances, certaines zones du corps se réveillent ; la respiration change ; un nouvel élan de vie peut se ressentir.

Se libérer d’un traumatisme, dans cette approche, c’est laisser au corps le temps et la place de reprendre sa dynamique.

C’est tout le sens du travail du lever du matin, propre à la Relance de la Dynamique Personnelle. Ce travail symbolique et corporel permet de revisiter le traumatisme de la naissance. Le lever devient alors un moment de renaissance : un passage d’un état à un autre. À travers différentes phases, on retraverse des étapes fondamentales. Lien vers la page.

“Quand le mouvement se réalise, le trauma s’efface de lui-même.” — Jean Ambrosi

Lumière sous l’eau évoquant une remontée à la surface en Relance de la Dynamique Personnelle.
Retour en haut