Comprendre l’EMDR : fonctionnement, bienfaits et thérapie
L’EMDR, ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires (DMO en français), est une approche thérapeutique reconnue aujourd’hui dans le monde entier. Elle aide à désactiver la charge émotionnelle laissée par certains événements douloureux, afin que le cerveau puisse les retraiter naturellement. Cette méthode, à la fois simple, profonde et respectueuse, s’adresse à toute personne qui se sent prisonnière d’un souvenir, d’une peur ou d’une émotion qui continue à la perturber malgré le temps.
Sommaire :

🕗 L’essentiel en 30 secondes
L’EMDR est une méthode thérapeutique douce et structurée qui permet de relancer un processus naturel « d’auto-guérison » du cerveau après un choc, un traumatisme ou une situation restée émotionnellement bloquée.
C’est une approche reconnue, utilisée aujourd’hui dans le monde entier, notamment pour apaiser les effets du stress post-traumatique, de l’anxiété, des peurs, des deuils ou encore de certaines douleurs émotionnelles qui persistent malgré le temps.
L’objectif n’est pas d’effacer un souvenir, mais d’en diminuer la charge émotionnelle. Le souvenir reste, mais il ne fait plus mal. On retrouve la capacité de penser à l’événement sans être envahi par les émotions ou les sensations physiques qui y étaient associées.
Contrairement à certaines idées reçues, l’EMDR n’est pas une technique magique ni une méthode express. Elle respecte votre rythme intérieur et il ne faut en aucun cas vouloir accélérer le processus de guérison.
L’EMDR ne consiste pas à “revivre” la douleur, mais à la traverser autrement, dans un cadre sécurisant, avec des outils précis qui permettent au système nerveux de se détendre et de retraiter les émotions restées bloquées.
🧠 Qu’est-ce que l’EMDR ?
Une méthode née d’une découverte
L’EMDR (pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing, que l’on traduit par DMO – désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) a été découverte à la fin des années 1980 par Francine Shapiro, psychologue américaine.
Elle s’est rendu compte par hasard, en se baladant dans un parc, que certains mouvements oculaires alternés apaisaient les émotions liées à un souvenir difficile. En approfondissant cette intuition, elle a mis en place un protocole précis et reproductible, aujourd’hui validé scientifiquement.
Cette découverte s’appuie sur une observation simple : lorsque nous sommes plongés dans un choc ou une détresse émotionnelle intense, le cerveau n’arrive plus à traiter normalement l’information.
L’EMDR permet de relancer le mécanisme naturel de traitement de l’information, en stimulant de manière bilatérale (gauche/droite) le cerveau à travers des mouvements oculaires, des sons ou des tapotements alternés.
Ce va-et-vient doux crée une synchronisation entre les deux hémisphères cérébraux, ce qui aide à “digérer” progressivement le souvenir figé.
Une approche centrée sur le vécu et le corps
L’EMDR ne passe pas uniquement par les mots. Elle engage aussi le ressenti corporel, les images mentales, les pensées et les émotions. On ne raconte pas longuement l’histoire du traumatisme ; on se connecte plutôt à la manière dont il est encore vécu dans le présent. C’est ce lien entre le souvenir et ce que le corps en garde aujourd’hui qui devient la porte d’entrée du travail.
Elle peut être utilisée pour des événements récents ou anciens, des traumatismes évidents ou plus discrets, des deuils, des peurs, des situations répétitives ou même un sentiment de blocage sans cause apparente. Mais surtout, elle s’appuie sur une logique naturelle du corps : tout être humain possède cette capacité à traiter et intégrer les expériences difficiles.
L’EMDR agit alors comme un redémarrage bienveillant, qui permet au système nerveux de reprendre son travail là où il s’était arrêté.
🧩 Comment fonctionne l’EMDR ?

⚙️ Le principe du Traitement Adaptatif de l’Information (TAI)
L’EMDR repose sur ce qu’on appelle le modèle du Traitement Adaptatif de l’Information (TAI). Ce modèle part du principe que notre psychisme a la capacité naturelle d’intégrer les expériences vécues. Lorsqu’un événement est bien “digéré”, le souvenir se transforme en expérience : il ne déclenche plus d’émotions fortes, il devient simplement une trace dans notre mémoire autobiographique.
Mais lorsqu’un choc est trop intense — ou que nous étions trop jeunes, trop seuls, ou pas assez préparés pour y faire face — le système se bloque.
Le souvenir reste non traité, enfermé dans une sorte de “capsule temporelle”.
Tout y demeure intact : les images, les sons, les odeurs, les émotions, les pensées et même les sensations physiques du moment. Comme si une partie de nous était restée coincée dans le passé.
C’est pour cela que certaines situations actuelles, pourtant sans danger, peuvent réactiver les mêmes émotions qu’à l’époque : peur, colère, honte, impuissance…
Le corps et le système nerveux ne font pas la différence entre ce qui est réel aujourd’hui et ce qui appartient à un souvenir non digéré.
Le TAI considère que nous avons tous, au fond de nous, une capacité d’auto-guérison.
L’EMDR ne crée rien de nouveau — elle remet simplement en route ce processus naturel.
🧠 Ce qui se passe dans le cerveau
Quand nous vivons un événement traumatique, l’amygdale, centre de la peur et de l’alerte, s’active intensément.
Elle envoie au corps le signal d’urgence : fuir, se figer ou se défendre. Pendant ce temps, les zones du cortex préfrontal, qui nous permettent de réfléchir et de mettre les choses en perspective, sont partiellement “déconnectées”.
C’est pour cela que nous avons parfois du mal à nous souvenir clairement, à mettre des mots sur ce qui s’est passé, ou à relativiser après coup.
Les stimulations bilatérales utilisées en EMDR (mouvements oculaires, tapotements, sons alternés) réactivent la communication entre les deux hémisphères cérébraux.
Elles favorisent une sorte de rééquilibrage neurologique. Le cerveau peut alors retraiter les informations, comme s’il le ferait naturellement pendant un sommeil paradoxal.
C’est d’ailleurs une des hypothèses de la recherche : le processus EMDR ressemblerait, dans sa dynamique, à ce qui se produit la nuit quand le cerveau trie, relie et intègre nos souvenirs pendant la phase de sommeil REM (Rapid Eye Movement).
Les mouvements oculaires auraient donc une fonction similaire : ils faciliteraient un traitement émotionnel inachevé, en reliant le vécu sensoriel, émotionnel et cognitif dans une cohérence nouvelle.
🔁 Pourquoi la stimulation bilatérale aide
Pendant la séance, la personne pense au souvenir difficile tout en suivant un stimulus qui alterne de gauche à droite. Ce va-et-vient constant agit à plusieurs niveaux :
• Il maintient une double focalisation : une part de la personne reste connectée à l’ici-et-maintenant (le cadre sécurisant, la présence du thérapeute), pendant qu’une autre part revisite le souvenir.
• Il stimule alternativement les deux hémisphères cérébraux, favorisant la communication entre les zones émotionnelles, sensorielles et cognitives.
• Il induit souvent une activation du système parasympathique, celui du calme et de la récupération. Le corps se détend peu à peu, ce qui rend le travail intérieur possible sans débordement.
Au fil des séries de stimulations, les associations se font naturellement : des images changent, de nouvelles pensées apparaissent, les émotions se déplacent. C’est le signe que le cerveau reprend la main sur le processus d’intégration.
🔬 Ce que la science comprend… et ce qu’elle ne sait pas encore

L’efficacité de l’EMDR est aujourd’hui bien documentée.
De nombreuses études ont montré ses effets sur la réduction des symptômes post-traumatiques, l’anxiété, les cauchemars, les flash-backs, et plus globalement sur la qualité de vie après un choc. Cependant, les chercheurs ne s’accordent pas encore totalement sur le mécanisme précis de son action.
Certaines hypothèses évoquent la stimulation du système parasympathique, d’autres un effet sur la mémoire de travail ou encore sur la régulation émotionnelle du cerveau.
Il est probable que plusieurs de ces processus agissent en même temps. Ce qui est certain, c’est que les résultats cliniques sont tangibles.
🟢 Pour qui l’EMDR peut-elle être utile ?
L’EMDR s’adresse à toutes les personnes qui ont vécu un événement difficile et qui sentent que quelque chose est resté coincé, comme si le temps n’avait pas totalement fait son travail. Elle peut concerner aussi bien des traumatismes évidents, identifiables et marquants, que des expériences plus diffuses, parfois insidieuses, mais qui laissent une empreinte durable dans la mémoire émotionnelle.
⚡ Les traumatismes “T” et les “petits t”
On distingue souvent deux types de traumatismes :
• Les “grands T”, liés à des événements majeurs : accidents, agressions, violences, attentats, catastrophes naturelles, décès soudain, etc. Ce sont des expériences qui dépassent brutalement nos capacités d’adaptation et qui peuvent provoquer un état de stress post-traumatique (TSPT).
• Les “petits t”, eux, sont moins spectaculaires, mais tout aussi impactant à long terme. Ce sont les situations répétées ou subtiles qui, accumulées, épuisent nos ressources : une ambiance toxique au travail, du harcèlement, du mépris, des humiliations à répétition, un manque d’attention dans l’enfance, une séparation non digérée, un deuil ancien, etc.
Beaucoup de personnes consultent sans forcément parler de “trauma”. Elles décrivent plutôt une fatigue, un blocage, une peur qui revient, une hypersensibilité, un manque de confiance, ou l’impression de revivre les mêmes situations.
🌙 Symptômes et manifestations possibles
Lorsqu’un événement reste bloqué dans la mémoire, il peut se manifester de multiples façons :
• Intrusions : images, sons ou sensations qui reviennent sans prévenir, parfois sous forme de cauchemars.
• Évitement : comportements pour ne pas penser à ce qui fait mal, refus d’en parler, mise à distance émotionnelle.
• Hyper-activation : tension nerveuse, vigilance excessive, sursauts, troubles du sommeil, irritabilité.
• Détresse physique ou émotionnelle : palpitations, angoisses, pleurs incontrôlés, vide intérieur.
Ces réactions sont normales après un choc — elles témoignent d’un système nerveux qui tente encore de gérer ce qu’il n’a pas pu intégrer à l’époque. Mais quand elles persistent, elles peuvent devenir envahissantes et nuire à la vie quotidienne.
💥 Focus sur le TSPT (Trouble de Stress Post-Traumatique)
Le TSPT est une réponse possible à un ou plusieurs événements vécus comme menaçants ou insupportables. Il se caractérise par une réactivation constante du souvenir, un état d’alerte quasi permanent, et une difficulté à se sentir en sécurité, même longtemps après les faits.
Certaines personnes décrivent une impression d’être “coupées d’elles-mêmes”, comme si elles observaient leur vie à distance. D’autres disent ne plus parvenir à ressentir les émotions positives, ou à faire confiance. Il peut aussi y avoir des réactions physiques très fortes : tensions, douleurs, sursauts, crises d’angoisse, ou insomnies à répétition.
🛡️Les précautions avant de commencer

Avant de commencer un travail de désensibilisation, il est essentiel de s’assurer que la personne dispose d’un cadre intérieur suffisamment stable et qu’elle se sent accompagnée dans de bonnes conditions. Cette étape de préparation est parfois aussi importante que le travail lui-même : elle installe la confiance, la sécurité et la capacité d’accueillir les émotions qui pourraient se manifester.
🌿 Stabilité et ressources d’auto-régulation
Avant d’aborder un souvenir difficile, le thérapeute vérifie toujours que la personne possède les ressources nécessaires pour se stabiliser. Cela passe par la création d’un lieu sûr (une image ou un espace intérieur de calme), la mise en place de repères corporels, ou l’apprentissage de techniques simples de régulation émotionnelle.
L’objectif est que la personne sache comment revenir à elle-même à tout moment. C’est un travail qui s’effectue en partenariat avec le corps, pas contre lui.
❤️ Points médicaux à prendre en compte
Certaines conditions physiques ou neurologiques nécessitent une attention particulière avant d’entreprendre un travail en EMDR. Ce n’est pas une contre-indication absolue, mais un appel à la prudence et à la personnalisation du suivi. Le thérapeute s’assure notamment que la personne :
• ne présente pas de troubles importants de la vision ou de l’équilibre
• ne souffre pas d’une maladie cardiovasculaire non stabilisée
• n’a pas d’antécédents épileptiques récents
• n’est pas dans un état de grande fatigue ou de dépression sévère
• ne consomme pas de substances pouvant altérer la conscience ou la concentration
Certaines situations de grossesse, de traumatismes crâniens récents ou de pathologies neurologiques doivent également être discutées avant de commencer. L’idée n’est jamais d’exclure, mais de garantir que le travail soit fait dans les meilleures conditions possibles.
Le praticien demandera parfois une validation médicale auprès de la personne ci nécessaire.
🧭 États psychiques particuliers
L’EMDR ne convient pas à tous les contextes ni à toutes les étapes d’un parcours thérapeutique.
Lorsque la personne traverse un épisode de dépression sévère, de crise identitaire aiguë, ou présente des troubles psychotiques, il est souvent nécessaire de travailler d’abord sur la stabilisation avant d’aborder les souvenirs traumatiques.
L’accompagnement EMDR se fait alors dans un cadre spécialisé, parfois en lien avec un psychiatre ou une équipe pluridisciplinaire.
La priorité reste toujours la sécurité psychique : on ne cherche pas à “ouvrir des portes” si la structure interne n’est pas prête.
🔄 Comment se déroule un accompagnement EMDR ?
Une séance d’EMDR ne se résume pas à “bouger les yeux en pensant à un souvenir”. C’est un processus structuré, précis. Chaque étape a son importance, et l’ensemble repose sur une progression en huit phases, pensée pour assurer à la fois la sécurité, la compréhension et l’efficacité du travail.

🧱 Les 8 phases du protocole
1. L’anamnèse et le plan de traitement
Le travail débute par un échange approfondi. Le thérapeute écoute le parcours de vie, les événements marquants, les ressources disponibles. L’objectif est de comprendre comment l’histoire s’est construite, où se trouvent les blocages, et ce que la personne souhaite transformer. Cette première étape n’est pas un interrogatoire ! mais une rencontre : un espace où la parole peut circuler librement.
2. La préparation
Avant d’aborder quoi que ce soit de douloureux, le thérapeute aide la personne à renforcer ses appuis internes : respiration, ancrage, visualisations, “lieu sûr”, repères corporels. C’est une phase de sécurité, d’apprivoisement de la méthode. On s’assure que la personne sait comment revenir à elle-même à tout moment.
3. L’évaluation
On identifie alors la “cible” du travail : un souvenir précis ou une situation symbolique qui concentre l’émotion non digérée.
Le thérapeute aide à repérer les images, émotions, sensations physiques et les pensées négatives associées (“je suis impuissant”, “je suis en danger”, “je ne vaux rien…”).
Puis on détermine quelle cognition positive remplacerait idéalement cette perception une fois le travail accompli (“je suis en sécurité”, “je suis capable”, “j’ai de la valeur…”). On mesure aussi l’intensité émotionnelle sur une échelle de 0 à 10.
4. La désensibilisation
C’est le cœur du processus.
La personne se reconnecte au souvenir, tout en suivant les stimulations bilatérales (mouvements oculaires, sons, tapotements). Le cerveau relie alors naturellement des éléments, fait émerger des associations, modifie les images ou les sensations.
Le rôle du thérapeute est de maintenir le cadre et de guider le processus sans jamais forcer. Des séries se succèdent jusqu’à ce que la charge émotionnelle baisse nettement.
5. L’installation de la cognition positive
Une fois la charge émotionnelle apaisée, le thérapeute aide à ancrer la pensée réparatrice choisie plus tôt.
Il s’agit de consolider la nouvelle perception de soi : sentir que “je suis en sécurité”, “je peux faire confiance”, ou “je suis à la hauteur” devient une expérience vécue dans le corps, pas seulement une idée.
6. Le scan corporel
On invite ensuite la personne à prêter attention à son corps : y a-t-il encore une tension, une gêne, une trace du souvenir ? Les stimulations continuent pour que tout le système puisse s’apaiser.
C’est une manière d’intégrer pleinement le travail au niveau somatique, là où la mémoire du traumatisme s’était inscrite.
7. La clôture
Chaque séance se termine par un retour à la stabilité. On s’assure que la personne quitte la séance dans un état de calme et de présence.
Même si tout n’est pas “fini”, le processus reste en mouvement — le cerveau continue de traiter les informations dans les heures ou les jours qui suivent.
8. La réévaluation
Lors de la séance suivante, on revient sur ce qui a évolué : émotions, pensées, rêves, sensations. On observe ce qui s’est transformé et ce qui reste à travailler.
C’est une phase d’ajustement, où l’on affine le plan de traitement en fonction de l’évolution naturelle du processus.
🌊 Effets d’une séance : à quoi s’attendre ?
L’EMDR agit souvent plus en profondeur qu’on ne l’imagine.
Une séance n’est pas un moment “spectaculaire” où tout bascule d’un coup, mais plutôt un mouvement intérieur, une mise en marche du processus naturel d’intégration.
Chaque personne réagit à sa manière : certaines ressentent un grand apaisement dès la fin de la séance, d’autres continuent de sentir le travail se dérouler en elles dans les jours qui suivent.
🌤️ Un apaisement progressif et durable
Le premier effet que l’on observe, c’est une baisse de l’intensité émotionnelle. Ce qui auparavant déclenchait une peur, une colère, ou une tristesse incontrôlable, devient plus supportable. On peut repenser à l’événement sans être submergé, comme si le souvenir s’était déplacé à sa juste place.
Il arrive que la personne décrive une sensation de légèreté, un relâchement physique, ou une respiration plus ample. D’autres parlent d’un regain de clarté mentale, d’une vision différente de la situation, ou d’une compréhension nouvelle.
Ce sont les signes que le cerveau a repris son travail de tri, de classement et d’intégration.
🌙 Un travail qui continue entre les séances

Après une séance, le cerveau poursuit le processus. C’est un peu comme si la séance avait relancé un mécanisme d’auto-nettoyage qui continue d’œuvrer en arrière-plan. Il est donc fréquent de remarquer, dans les jours qui suivent :
• des rêves plus vifs, parfois en lien avec le thème travaillé
• des souvenirs ou des pensées qui reviennent spontanément
• des émotions légères qui circulent puis se dissipent
• ou simplement une sensation d’apaisement général
Tout cela est normal : c’est le signe que le système nerveux termine ce qu’il avait commencé. Le thérapeute recommande souvent d’accueillir ces manifestations sans chercher à les comprendre ni à les contrôler. Elles font partie du mouvement d’intégration.
Parfois, le travail peut aussi remuer un peu avant de s’apaiser complètement. Une émotion plus vive, une fatigue, un besoin de repos : le corps ajuste ce qu’il vient de traverser. C’est pourquoi les séances sont espacées d’un certain temps, afin de laisser au psychisme le temps d’assimiler.
🤝 Le rôle du thérapeute
Dans l’EMDR, le thérapeute n’est pas un “guide spirituel” ni un “expert qui sait”. Il est avant tout un gardien du cadre et un accompagnant du processus.
Sa présence crée les conditions nécessaires pour que le travail puisse se faire en toute sécurité.
C’est une posture d’écoute active, de stabilité et de respect profond du rythme de la personne.
L’efficacité de l’EMDR repose autant sur la méthode elle-même que sur la qualité relationnelle qui s’installe entre le thérapeute et le patient. Sans cette confiance, aucun protocole ne peut fonctionner durablement.
🧩 Pas de “thérapie minute”
L’EMDR n’est pas une méthode rapide ou magique, même si ses effets peuvent parfois être spectaculaires. Chaque personne a son propre rythme d’intégration. Le thérapeute garde toujours en tête les trois plans sur lesquels le travail se déploie :
1. Physique : les sensations, le corps, la respiration
2. Émotionnel : les sentiments, les pleurs, les colères, les mouvements intérieurs
3. Cognitif : les pensées, les croyances, les compréhensions qui émergent
Le rôle du thérapeute est d’aider la personne à rester en lien avec ces trois dimensions, sans s’enfermer dans une seule. Car un travail purement mental ne change rien, et une expérience purement émotionnelle peut être trop violente si elle n’est pas reliée à la conscience et la compréhension.
🚫 Erreurs fréquentes à éviter
Certains écueils peuvent compromettre le travail si le thérapeute ne reste pas vigilant :
• Aller trop vite : vouloir “désensibiliser” un souvenir sans préparation suffisante peut provoquer une réactivation trop intense.
• Interpréter les images ou émotions au lieu de les laisser évoluer naturellement.
• Projeter ses propres émotions ou croyances sur la personne accompagnée.
• Confondre résultat et performance : l’EMDR n’est pas une course, et chaque séance a sa valeur, même si rien de spectaculaire ne se produit.
🧾 Reconnaissances & preuves

L’EMDR n’est pas une mode. C’est aujourd’hui une approche scientifiquement validée et reconnue à l’international pour son efficacité dans le traitement des traumatismes psychiques et des troubles liés au stress post-traumatique (TSPT).
Elle est utilisée depuis plus de trente ans dans de nombreux pays, aussi bien en cabinet privé que dans les hôpitaux, les services psychiatriques ou les structures d’urgence.
🌍 Recommandations officielles
En 2013, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a officiellement recommandé l’EMDR comme traitement de première intention pour les personnes souffrant de TSPT, au même titre que les thérapies cognitivo-comportementales.
Elle souligne notamment sa rapidité d’action, son ancrage scientifique, et le fait qu’elle ne nécessite pas de raconter en détail l’événement traumatique.
En France, la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’INSERM reconnaissent également l’efficacité de l’EMDR dans le traitement du stress post-traumatique. Ces reconnaissances s’appuient sur de nombreuses études cliniques menées depuis plus de trois décennies.
🧠 Ce que la recherche met en lumière
Les études montrent que l’EMDR agit sur plusieurs plans :
• réduction rapide des symptômes de stress post-traumatique (flash-backs, cauchemars, anxiété)
• baisse de l’activation physiologique (rythme cardiaque, tension musculaire, vigilance excessive)
• modification des circuits neuronaux impliqués dans la mémoire émotionnelle
• amélioration du sommeil et du sentiment de sécurité intérieure
L’imagerie cérébrale a même permis d’observer des changements mesurables dans certaines zones du cerveau, notamment l’amygdale et l’hippocampe, après un cycle de séances EMDR. Ces observations confirment que la méthode agit bien sur le retraitement neurologique de l’information. Mais la recherche reconnaît aussi ses limites : les mécanismes précis restent complexes et encore partiellement inexpliqués.
📊 Une méthode qui s’intègre aux approches reconnues
L’EMDR s’inscrit dans la grande famille des thérapies intégratives. Elle est compatible avec d’autres approches, comme les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), les thérapies psychocorporelles ou les approches humanistes.
Dans de nombreux cas, les études ont montré que l’EMDR permettait d’obtenir des résultats aussi efficaces, voire plus rapides, que certaines thérapies d’exposition prolongée.
💬 Questions fréquentes sur l’EMDR

