Dépression et burn-out

La dépression et le burn-out sont souvent perçus comme des états massifs, figés. Pourtant, dans l’approche corporelle et dynamique que je propose, ils sont avant tout des messages de « fermeture » à tolérer : le corps se replie, ralentit ou s’effondre parce qu’il ne peut plus maintenir la posture habituelle. La dépression montre un effondrement de l’élan. Le burn-out, lui, apparaît lorsque l’on a tiré trop sur la corde, sans écoute des besoins essentiels.

Sommaire :

Personne immergée sous l’eau, symbolisant la détresse, l’oppression et la dépression

Dans mon cabinet, beaucoup de personnes arrivent en me disant :

« Je suis en dépression », « je fais un burn-out », « je suis vidé(e) », « je n’ai plus goût à rien ».

Ces mots sont devenus très courants, partout : dans les médias, au travail, dans les discussions entre amis. On s’y perd facilement. Mon intention, ici, est de vous proposer une compréhension claire et accessible de la dépression et du burn-out, en croisant :
– les définitions générales (médicales, reconnues)
– et la lecture spécifique de la Relance de la Dynamique Personnelle (RDP), qui s’appuie sur le corps, la posture et le mouvement.

L’idée n’est pas de vous faire un cours de psychiatrie, ni de remplacer un suivi médical. L’idée est de vous offrir un regard concret et incarné sur ce que vous vivez, et de vous montrer comment la RDP peut vous aider à vous remettre en mouvement de façon naturelle.

Ce que disent les définitions médicales

Les grandes institutions de santé décrivent la dépression comme un trouble fréquent de l’humeur, qui se caractérise notamment par :

  • un état de tristesse ou de vide persistant
  • une perte d’intérêt ou de plaisir pour des activités habituellement appréciées
  • des difficultés à fonctionner dans le quotidien (travail, vie sociale, tâches simples). 

On parle souvent de dépression lorsque ces symptômes durent plusieurs semaines ou plusieurs mois, et qu’ils s’accompagnent parfois de :

  • troubles du sommeil
  • fatigue marquée
  • difficultés de concentration
  • perte ou augmentation de l’appétit
  • sentiments de dévalorisation, voire des idées noires
  • etc…

Ces repères sont importants : ils posent un cadre médical, qui permet de repérer quand la souffrance dépasse le simple « coup de blues » et nécessite une vraie attention.

Comment la dépression se manifeste au quotidien

Au-delà des listes de symptômes, la dépression se vit souvent comme :

  • une impression d’être lourd(e)
  • de « couler » intérieurement
  • de ne plus avoir d’énergie pour se lever, se laver, sortir, appeler quelqu’un
  • de ne plus avoir envie de ce qui, auparavant, faisait du bien

Certaines personnes disent : « c’est comme si tout demandait un effort immense ».

D’autres restent techniquement « fonctionnelles » — elles vont au travail, gèrent la famille — mais en pilotage automatique, sans goût ni couleur.

Quelques idées reçues à déconstruire

Quelques points importants à rappeler :

  • La dépression n’est pas un signe de faiblesse, ni un manque de volonté. C’est un état réel, qui a des conséquences concrètes sur le corps et le psychisme. 
  • On ne « sort » pas d’une dépression en se répétant « il faut que je me bouge ».
  • Il existe différents niveaux de dépression (plus ou moins sévères), et diverses formes (épisode dépressif, trouble dépressif récurrent, etc.). Pour en savoir plus, consulter un avis médical.

Dans ma pratique, je m’appuie sur ces repères… mais je ne m’arrête pas au diagnostic. Ce qui m’intéresse, c’est comment votre corps raconte cet état-là.

Homme allongé dans son lit, recroquevillé, illustrant la dépression et la difficulté à se lever le matin

La dépression comme « message de fermeture« 

Dans la Relance de la Dynamique Personnelle, l’état dépressif est vu comme un message de fermeture : le corps se replie, se courbe, se ralentit, et dit très clairement :

« Je ne peux plus continuer comme ça. »

Ce n’est pas « négatif » en soi : c’est une forme de protection, un arrêt forcé, pour empêcher l’organisme d’aller encore plus loin dans l’épuisement ou la sur-adaptation.

Jean Ambrosi expliquait que :

  • la dépression, le burn-out, malgré leur intensité, sont souvent très lisibles dans le corps
  • plus le problème est intense, plus le « message » est clair, si on sait l’écouter

Le « message » n’est pas QUE dans les explications mentales (« c’est à cause de mon travail », « c’est à cause de mon enfance »…), mais dans la posture, la respiration, la façon de se lever, la façon d’habiter sa journée.

Travailler la dépression avec la RDP, concrètement

En pratique, travailler une dépression en RDP peut inclure :

  • une attention fine de la façon de se lever le matin,
  • l’exploration de la posture de fermeture (comment elle commence, où elle bloque, jusqu’où elle va),
  • la recherche de petits ajustements (un appui plus clair au sol, un souffle plus profond).

On apprend aussi à distinguer :

  • une dépression réelle, avec fermeture, lourdeur, impossibilité de se lever
  • d’un pseudo-état dépressif lié, par exemple, au manque de sommeil, ou à un épuisement général

L’objectif n’est pas seulement de « se sentir mieux », mais de retrouver une dynamique : une capacité à se lever, à agir, à décider et se réengager dans la mise en place de projets.

Femme submergée par des sollicitations professionnelles, illustrant le stress et le burn-out au travail

Burn-out, stress et épuisement : de quoi parle-t-on ?

Le burn-out est défini, au niveau international, comme un syndrome lié au stress chronique au travail qui n’a pas été « géré » avec succès. Il se caractérise par trois dimensions :

  • un épuisement profond (physique et émotionnel)
  • une distance mentale vis-à-vis du travail (cynisme, détachement, dégoût)
  • un sentiment d’inefficacité ou d’échec

Dans la vie réelle, les personnes en burn-out disent souvent :

  • « Je suis K.O., mais je dois continuer »
  • « Je n’ai plus de batterie, même dormir ne recharge plus rien »
  • « Je ne me reconnais plus, je n’ai plus d’envie. »

Symptômes fréquents et contexte d’apparition

On retrouve souvent :

  • une fatigue permanente
  • des troubles du sommeil
  • des trous de mémoire, des difficultés à se concentrer
  • une irritabilité, une hypersensibilité
  • une perte d’appétit, de libido, de goût pour tout ce qui n’est pas « obligé »

Le burn-out apparaît fréquemment après des années de sur-adaptation :

  • accumuler les heures de travail
  • ne jamais dire non
  • porter trop de responsabilités
  • négliger ses besoins de base (manger, dormir, se reposer, avoir du plaisir, être en lien…)

Traiter le burn-out avec la Relance de la Dynamique Personnelle

Personnage assis sur un banc, enflammé, représentant l’épuisement profond lié au burn-out

Revenir au corps et aux besoins fondamentaux

Avec les personnes en burn-out, la première étape est souvent de revenir à des choses très simples :

  • sentir le corps
  • réapprendre à écouter ses besoins
  • retrouver les signaux de faim, de soif, de fatigue
  • réapprendre à se reposer, à dire stop, à reconnaître ses limites

Le burn-out, vu sous l’angle de la RDP, montre que la personne :

  • a brûlé énormément d’énergie (Feu)
  • en oubliant ses besoins essentiels
  • parfois en portant aussi un deuil non accompli

Tant que ces besoins ne sont pas pris en compte, le corps répète le même message : « Je coupe. Je tombe. Je ne peux plus. »

Guérir d’un burn-out ne signifie pas : « retrouver l’énergie pour retourner au même endroit, de la même manière, dans les mêmes conditions ».

Dans cette approche, sortir d’un burn-out, c’est :

  • accepter qu’il y ait un avant et un après
  • clarifier ce que vous ne voulez plus vivre
  • et ce que vous souhaitez construire à la place (un autre rythme, une autre posture au travail, parfois une autre orientation).

Si l’objectif de changement n’est pas posé, le risque est de se reposer, de se sentir mieux… puis, repartir dans le même système, jusqu’à ce que le corps dise stop une nouvelle fois.

Avec la RDP, le travail ne se limite pas à « recharger les batteries ». Nous allons :

  • écouter les signaux d’épuisement dans le corps,
  • repérer les postures d’hyper-tension ou d’hyper-contrôle,
  • explorer comment vous prenez (ou pas) votre place, comment vous utilisez votre énergie et placez vos limites.

Le but n’est pas de faire de vous quelqu’un de « performant » à tout prix, mais quelqu’un qui peut travailler sans se sacrifier. Dans le contexte du travail.

La Relance de la Dynamique Personnelle n’est ni une baguette magique, ni un substitut à un suivi médical quand il est nécessaire (médecin, psychiatre, traitement médicamenteux, arrêts de travail…).

En revanche, elle est adaptée quand :

  • vous sentez que votre corps parle fort
  • que vous êtes coincé(e) dans un épuisement que vous ne comprenez plus
  • que vous avez envie d’un changement réel, dans votre manière de vivre, de travailler

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