Confiance et affirmation de soi

Le manque de confiance et d’estime de soi ne viennent jamais de nulle part. Ce sont souvent des habitudes intérieures construites très tôt : doutes, auto-dévalorisation, peur de déranger, difficulté à prendre sa place ou à faire des choix alignés. Dans ma pratique, je vois combien ces mécanismes épuisent et empêchent de vivre pleinement. La Relance de la Dynamique Personnelle (RDP), l’EMDR et le Ressenti thérapeutique permettent de comprendre ces fonctionnements sous un autre angle : non pas comme des défauts, mais comme des mouvements de protection qui ont eu un sens autrefois. En travaillant sur les pensées et associations négatives, les décisions d’enfant (souvent inconscientes), la personne peut retrouver de la place, sa verticalité, un rapport plus doux à elle-même, et une confiance plus juste.

Sommaire :

Personne debout dans un piège symbolisant le manque de confiance et l’estime de soi fragilisée

Quand on ne se sent pas légitime

Le doute de soi ne se présente jamais comme un bloc unique. Il s’insinue dans une multitude de petites phrases intérieures :

  • « Je ne suis pas capable. »
  • « Les autres valent mieux que moi. »
  • « Je ne vais pas y arriver. »
  • « Je ne mérite pas mieux. »

Ces pensées ressemblent à des constats réels, alors qu’elles sont souvent des traces de l’enfance, un moment où nous n’avions pas les moyens de penser autrement, de voir les choses différemment. Dans la RDP, on ne cherche pas à « penser positif ». On cherche à regarder honnêtement la réalité :

  • comment vous vous parlez ?
  • dans quelles situations vous vous rapetissez ?
  • qu’est-ce qui vous fait perdre votre douceur envers vous même ?

Les besoins trop longtemps mis de côté

Pour beaucoup de personnes, le manque d’estime de soi vient d’un mécanisme simple : mettre ses besoins en dernier, parfois depuis des années. On a appris à :

  • ne pas déranger,
  • être « facile »
  • s’adapter à tous
  • ne pas montrer sa fatigue
  • encaisser

Mais chaque besoin non écouté finit par laisser une trace. La RDP rappelle que : La « souffrance » est la marque d’un besoin non entendu. Retrouver la confiance passe donc par une étape essentielle : réapprendre à sentir ses besoins, et accepter qu’ils sont légitimes.

Femme coupant une branche symbolisant le courage de changer et de renforcer la confiance en soi

Les répétitions, l’échec, et les scénarios de protection

L’auto-sabotage n’est pas de la mauvaise volonté. C’est un mécanisme de protection, souvent très ancien. Il se manifeste par des comportements comme :

  • commencer un projet… puis tout arrêter
  • choisir des relations qui ne nous respectent pas
  • refuser les opportunités qui nous feraient du bien
  • rester dans l’inconfort par peur que le confort ne dure pas
  • se surcharger jusqu’à craquer
  • etc…

Le plus frappant : ça se répète. On change de travail, de contexte, de partenaire… Et pourtant, le scénario reste identique. Ce n’est pas un hasard : c’est une fidélité à un système appris très tôt.

La peur du changement et du mieux-être

Beaucoup de personnes ne manquent pas de capacités. Elles manquent de « permission intérieure. » Car le changement — même positif — fait peur :

  • Si je vais mieux, qu’est-ce qui va changer ?
  • Vais-je encore être apprécié(e) ?
  • Qui vais-je devenir ?
  • Est-ce que j’ai le droit de réussir autrement ?

On préfère parfois se maintenir dans un malaise connu plutôt que d’entrer dans un mieux-être qui bouscule tout. La thérapie vise alors à rendre ce changement tolérable, à reprendre sa place pas à pas, au rythme que vous pourrez intégrer.

Main derrière une vitre fissurée représentant les blessures émotionnelles et l’estime de soi fragile

Les croyances limitantes construites très tôt

En EMDR, une grande partie de la confiance en soi repose sur des cognitions (pensées) négatives : des phrases courtes, mais très puissantes, qui se sont installées tôt dans notre vie :

  • « Je suis nul. »
  • « Je ne mérite pas. »
  • « Je suis un fardeau. »
  • « Je ne vaux rien. »
  • « Je ne suis pas en sécurité. »
  • « Je vais être rejeté. »
  • etc…

Ces cognitions se construisent souvent à partir :

  • d’expériences douloureuses
  • d’incompréhensions d’enfant
  • de remarques répétées
  • de non-verbal très fort (silence, rejet, distance)
  • ou de traumatismes

Elles deviennent des filtres, à travers lesquels on interprète (presque) tout.

Comment l’EMDR transforme ces cognitions

L’EMDR ne cherche pas à convaincre mentalement la personne. Il relance un mécanisme naturel de digestion émotionnelle. Le protocole permet :

  1. d’identifier la croyance négative (ex : « Je ne suis pas capable »)
  2. de trouver la croyance positive désirée (ex : « Je peux y arriver »)
  3. de retraiter les souvenirs qui ont construit cette croyance
  4. d’installer la nouvelle croyance concrètement en soi
  5. d’éliminer la charge émotionnelle à la racine de cette croyance

Ce qui change réellement, ce n’est pas la phrase. C’est l’expérience intérieure associée à cette phrase. Une fois le blocage libéré, la cognition positive devient : évidente, calme, simple. Elle n’a plus besoin d’être répétée : elle s’impose d’elle-même.

Après un travail EMDR, la personne ne devient pas quelqu’un d’autre. Elle devient elle-même, débarrassée des couches de jugements, de peurs et de filtres anciens. C’est ce qui permet ensuite à la RDP et au Ressenti thérapeutique d’agir plus profondément : quand la croyance « je ne vaux rien » se dissout, la verticalité revient, le souffle s’ouvre, et le rapport à vous même se réorganise.

Jeune plante poussant dans la glace symbolisant la reconstruction de la confiance en soi

Les associations négatives : quand le corps raconte autre chose

En Ressenti thérapeutique, on observe comment le corps associe certains états à des images ou à des sensations anciennes. Exemples :

  • Une réussite peut être associée à de la peur
  • Un compliment peut être associé à de la honte
  • Une relation saine peut être associée à un risque
  • Le fait d’être vu peut être associé à un danger

Le corps ne ment pas. Il répète ce qu’il connaît.

Les décisions d’enfant : « Je ne mérite pas », « On ne m’aime pas »

Avant environ 5 ans, un enfant ne comprend pas la complexité du monde. Il interprète, il simplifie, il prend des décisions intérieures sur la base de « c’est de ma faute » :

  • « Si on ne m’aime pas. »
  • « Je dois être parfait pour qu’on me garde. »
  • « Si je parle, on m’en voudra. »
  • « Si je montre mes émotions, c’est dangereux. »
  • etc…

Ces décisions restent actives… à l’âge adulte. Le travail consiste à :

  1. identifier la décision d’enfant
  2. la remettre dans son contexte
  3. laisser le corps la digérer au niveau émotionnelle
  4. ouvrir un espace où une réalité plus juste qui pourra s’installer.

Toute la démarche vise à revenir « en soi » d’une nouvelle manière. De cultiver une « relation à soi » douce et tendre. Afin, de pouvoir prendre appui sur vous même plutôt que sur l’extérieur, intégrer votre place et votre « droit d’exister« .

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