EMDR : risques et effets secondaires

Sommaire :

Représentation des réactions émotionnelles temporaires pouvant apparaître après une séance EMDR, comme la fatigue mentale ou l’intensité émotionnelle.

Quand la séance se termine mais que le travail continue

Le processus de retraitement ne s’arrête pas à la porte du cabinet. Votre cerveau continue de travailler après la séance. C’est là que surgit parfois une sensation de vulnérabilité accrue. On peut se sentir à vif, comme si une plaie venait d’être rouverte.

Cette phase peut s’accompagner  d’une vraie déstabilisation émotionnelle. Des émotions peuvent continuer à « travailler ». Vous pouvez ressentir une sensation d’agitation, être à fleur de peau, pendant plusieurs heures, voire quelques jours.

C’est une étape normale du processus.  Elle est inconfortable mais il faut en être conscient. A contrario, vous pouvez ressentir un sentiment de soulagement comme si un poids vous avait quitté.

La fatigue et les réactions physiques post-séance

Préparez-vous à une fatigue intense, un effet secondaire très courant. Le retraitement d’un souvenir traumatique exige un effort mental et émotionnel. Votre corps et votre esprit ont besoin de repos.

Le corps encaisse aussi le choc avec des symptômes physiques. Des tensions musculaires, des maux de tête ou même l’envie de pleurer peuvent persister. Ce sont des exemples de manifestations de la libération émotionnelle.

Sachez que ces symptômes sont généralement temporaires. Ils montrent que le système nerveux a été fortement sollicité. Vous devez prendre soin de vous, rester doux et patient avec vous même.

Des nuits agitées et des rêves intenses

Le travail de retraitement se poursuit même pendant votre sommeil. C’est pourquoi les rêves intenses sont un effet secondaire fréquent. Ils peuvent s’avérer déroutants ou même perturbants au réveil.

Voici les changements nocturnes possibles :

  • Apparition de nouveaux rêves
  • Changement dans les cauchemars récurrents liés au trauma.
  • Scénarios de rêves qui semblent « résoudre » ou modifier l’événement traumatique.

C’est souvent le signe que votre cerveau est en train d’intégrer et de « digérer » l’information.

Image symbolisant la possibilité de ralentir ou d’interrompre une séance EMDR, dans le respect des limites et du rythme de la personne accompagnée.

On parle de traumatisme complexe quand le poid d’un événement traumatique s’est installée dans la durée, bien loin de l’incident isolé. Pensez aux violences infantiles répétées ou à la négligence chronique. Ces expériences ne sont pas de simples souvenirs ; elles ont littéralement sculpté la personnalité et la façon d’interagir avec le monde environnant.

L’EMDR, souvent calibrée pour un choc unique, peut s’avérer trop brutale ici. Sans une stabilité psychique solide, on peut courir un vrai risque de retraumatisation ou dans de rare cas de « décompensation ».

Quand la source du traumatisme est toujours présente

Il y a une règle d’or qu’on oublie souvent : cette thérapie digère le passé, pas le présent. Si vous êtes encore exposé à la cause du trauma, l’EMDR est tout simplement contre-indiquée car inefficace.

Imaginez traiter une brûlure alors que votre main est encore sur le feu. Que ce soit un harcèlement au travail actif ou une relation toxique, tenter de « réparer » le cerveau maintenant ne marche pas. Pire, cela peut renforcer un sentiment d’impuissance dévastateur.

EMDR : bonne ou mauvaise indication ?

Pour éviter les déconvenues, il faut comparer ce qui est comparable. Cette méthode a été conçue pour des chocs nets. Vouloir l’appliquer à tout va est une erreur stratégique majeure.

Indications adaptées à l’EMDRSituations à risque ou contre-indications
Traumatisme simple et unique (accident, agression ponctuelle)Traumatismes complexes et répétés (enfance, violences conjugales)
Événement traumatique clairement terminéExposition continue à la source du stress/trauma
Patient avec une bonne stabilité psychique de baseTroubles dissociatifs sévères ou psychose non stabilisée

Au-delà des cas où l’EMDR est techniquement déconseillé, même lorsque l’indication semble bonne sur le papier, le processus thérapeutique peut réserver des surprises, pas toujours agréables pour le patient.

L’effet rebond : quand les symptômes s’intensifient

C’est un paradoxe qui effraie souvent. L’effet rebond se traduit par une intensification temporaire des symptômes juste après une séance. Angoisse, flashbacks ou tristesse peuvent sembler pires qu’avant.

En réalité, c’est souvent le signe mécanique que le souvenir a été « réactivé » avant d’être totalement retraité. C’est une phase transitoire, certes pénible, mais qui nécessite un bon accompagnement du thérapeute pour ne pas céder à la panique ou abandonner le soin.

La boîte de pandore : le surgissement de nouveaux souvenirs

Sachez que les souvenirs sont stockés en réseau dans votre cerveau. En travaillant sur une cible précise, d’autres souvenirs traumatiques oubliés peuvent émerger spontanément sans prévenir. C’est exactement ce que la créatrice de la méthode appelait l’effet « dominos ».

Cette expérience est franchement déstabilisante pour le patient. Vous veniez pour un problème spécifique et vous pouvez vous retrouver confronté à d’autres blessures. Mais pas d’inquiétude, vous ne tolérerez que ce que vous pouvez « digérer ».

Le risque de dissociation et de déstabilisation

Soyons clairs : l’EMDR ne fabrique pas la dissociation. Mais, chez une personne ayant déjà des fragilités ou des mécanismes de défense de ce côté, le processus peut être très mal vécu.

Voici le danger principal : si un thérapeute avance trop vite dans le protocole sans avoir suffisamment préparé et stabilisé le patient durant la phase de préparation, il y a un risque de déstabilisation majeur. Dans les cas extrêmes, cela peut mener à une augmentation des idées suicidaires. La sécurité du patient prime toujours sur la rapidité.

Image symbolique des phases de déséquilibre ou d’inconfort passager pouvant survenir lors d’un travail thérapeutique en EMDR.

Les raisons d’un blocage dans le processus

Parfois, le retraitement ne s’enclenche pas, malgré les mouvements oculaires alternés (ou tapotements ou sons) répétés. C’est souvent lié à une incapacité à se connecter à l’émotion ou à visualiser la cible. Vos défenses psychiques font barrage pour vous protéger.

D’autres fois, sii la phase de stabilisation a été bâclée, votre cerveau refuse logiquement de lâcher prise. Vous ne vous sentez pas assez en sécurité. Ce blocage persistant est un signal d’alarme sérieux.

L’importance capitale du praticien EMDR

L’EMDR reste un protocole clinique rigoureux, pas une baguette magique. La compétence brute et l’expérience de votre thérapeute sont déterminantes pour le succès. C’est le pilote qui fait la différence, pas l’avion.

Un expert saura ajuster le rythme ou stopper si nécessaire. Il détecte vite quand cette voie est une impasse. À l’inverse, un thérapeute non qualifié risque d’aggraver vos symptômes ou de diagnostiquer un échec à tort.

Que faire si la thérapie ne donne rien ?

L’acharnement thérapeutique ne sert absolument à rien. Si vous ne ressentez aucun mieux-être après plusieurs séances, posez-vous les bonnes questions dès maintenant.

Voici la marche à suivre pour ne pas rester dans l’impasse :

  1. Il faut d’abord parler ouvertement du blocage avec votre praticien.
  2. Demandez une réévaluation de l’indication : l’EMDR est-il vraiment adapté à votre situation ?
  3. Envisagez un changement de modalité thérapeutique
  4. N’hésitez jamais à solliciter un deuxième avis médical.

L’EMDR n’est donc pas une baguette magique, mais un processus exigeant qui peut secouer. Si les effets secondaires comme la fatigue ou les rêves intenses sont normaux, votre sécurité reste la priorité.

Illustration d’un échange thérapeutique autour des risques et effets secondaires possibles de l’EMDR, avec une approche informative et rassurante.

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