Deuil, perte et attachement

Le deuil ne concerne pas seulement la mort : il touche toutes les pertes importantes de notre vie — une relation, un projet, une présence, un repère. Chaque deuil important vient réveiller un attachement profond, et lorsqu’il ne s’accomplit pas :  l’élan diminue, les projets n’avancent plus, et une tristesse ou une colère silencieuse se maintient en arrière-plan.

La Relance de la Dynamique Personnelle propose un nouveau regard sur la perception du deuil. Elle ne cherche pas à faire oublier la personne aimée ou même effacer les souvenirs, mais à permettre d’accepter et d’intégrer qu’elle est partie. C’est un travail de “laisser partir”, pas un effacement. En parallèle, le Ressenti Thérapeutique aide à accueillir les émotions liées à la perte — la peine, la colère, la peur — sans les fuir ni les étouffer. Quand l’émotion est vécue pleinement, elle se déracine d’elle-même et laisse émerger un apaisement tant attendu.

Sommaire :

Main ouverte sous la lumière du matin, rappelant la possibilité d’un renouveau intérieur dans le chemin du deuil.

Le deuil n’est pas seulement lié à la mort d’un être cher. Il concerne toutes les pertes qui marquent notre existence : une relation, un projet, un travail, un lieu, un objet, une image de soi. Derrière chaque perte, il y a un attachement – ce lien qui nous relie, parfois inconsciemment, à une part de nous ou à quelqu’un d’autre.

Dans la Relance de la Dynamique Personnelle, réussir à faire un deuil est vu comme une force puissante, une capacité à se libérer d’un poids qui nous alourdit pour retrouver notre propre dynamique intérieure. C’est retrouver de l’autonomie, de l’élan, la capacité à avancer. C’est fermer un cycle pour permettre à un autre de s’ouvrir. On parle ici d’un mouvement de fermeture et d’ouverture, de mort et de renaissance — un processus naturel, aussi essentiel à la vie que le sommeil ou la respiration.

« Accomplir un deuil, c’est accepter de laisser partir ce qui doit partir, sans le fuir ni le retenir ».

Cette perspective nouvelle nous amène à voir le deuil comme un processus dans lequel nous sommes en partie acteur.
C’est une histoire d’amour entre nous et une personne que l’on a aimé. L’amour et les souvenirs restent lorsque le deuil est accompli, à défaut de ce que l’on nous raconte. Ce qui part se sont les émotions douloureuses, la non acceptation et l’espoir de le ou la revoir un jour.

Corde formant un cœur, illustrant les liens d’attachement qui demeurent et la manière dont le deuil transforme ces liens.

Certains deuils ne se font pas, et le temps qui passe n’est parfois d’aucune aide.

En RDP, on parle alors de deuil non accompli.

Cette impossibilité à faire le deuil,  n’est pas une faute ni un manque de courage : c’est que personne nous explique clairement ce qu’il se passe en nous et comment réussir à le réaliser.

Lorsque nous ressentons la douleur d’une perte plusieurs réactions peuvent émerger sans ordre logique, à intensité variable et d’une durée que nous ne connaissons pas :

  • Les projets n’aboutissent plus
  • L’élan pour “faire” est éteint
  • Le sentiment de tourner en rond
  • Les plaisirs, envies et désir sont au point mort
  • L’auto-sabotage sur ce que l’on entreprend est très fort
  • Emotions dominante de colère, rage, tristesse en trame de fond
  • Un épuisement profond

Mais aussi, un deuil non accompli peut bloquer les nouvelles relations, rencontres : la personne reste en lien invisible avec ce qu’elle a perdu.

Le deuil est un rite d’ordre privé, intime et profondément personnel. Il ne peut être ni forcé, ni accéléré : il demande un temps nécessaire. C’est un processus qui, comme la nature, obéit à des cycles.

Le rituel du deuil, dans cette approche, s’accomplit lorsque la personne peut alors terminer de dire ce qu’elle a à dire au défunt (ce qu’elle ressent, ce qu’elle n’a pas pu dire). Tout doit être dit pour que “je laisse partir”.

Le critère d’un deuil accompli n’est pas l’oubli, mais le moment où un sourire intérieur revient, souvent accompagné d’un sentiment léger de joie. Comme un soulagement.

Un couple enveloppé de lumière, représentant le soutien affectif et la présence humaine essentiels lors d’un deuil.

Le deuil initiatique : le placenta, premier compagnon

Le premier deuil de notre existence est celui du placenta – ce compagnon de la vie intra-utérine, à la fois nourricier et protecteur.

Beaucoup d’adultes cherchent inconsciemment à “retrouver” cette fusion perdue, parfois au prix de relations dépendantes ou d’un sentiment de vide. Ou aussi, un besoin de sécurité excessive traduit par “je n’arrive pas à me défendre par moi même”.

Faire le deuil du placenta, c’est accepter de se séparer de cette première unité, et de reconnaître son individualité.

Ce deuil fondamental ouvre la voie à tous les autres : il initie le mouvement d’autonomie, la capacité à se défendre et à exister par soi-même.

Le deuil d’une personne ou d’une relation

Ce travail s’applique à toutes les pertes relationnelles : une séparation amoureuse, une rupture amicale, une maladie qui éloigne un proche. Rappelons, qu’il ne s’agit pas d’enterrer l’autre, mais de “l’autoriser” à partir. Tant que ce geste intérieur n’est pas accompli, la personne reste “partout” dans la vie du survivant : dans ses pensées, ses rêves, ses émotions. Comme un poids qui attend d’être dissous.

Les deuils familiaux et héréditaires

Certaines personnes portent, sans le savoir, le deuil des générations précédentes. Elles héritent d’une souffrance, d’un non-dit, d’une perte restée sans voix. On parle alors de deuil collectif ou transgénérationnel. La personne peut ressentir comme quelque chose « qui ne lui appartient pas ».

Le deuil : une relation d’amour

Le deuil est avant tout une histoire d’amour.

Lorsqu’il s’agit d’une relation affective, il arrive souvent que le deuil ne puisse se faire simplement parce que tout n’a pas été dit, aussi
. Les mots retenus, les regrets, les non-dits laissent des traces, et l’on reste intérieurement lié à l’être aimé. Il devient alors difficile de laisser partir l’autre, car ce lien invisible semble être le dernier fil qui nous relie encore à lui.

Souvent, on croit que faire son deuil, c’est effacer les souvenirs, alors qu’en réalité, c’est tout l’inverse : c’est reconnaître que ces souvenirs existent, qu’ils font partie de nous, mais qu’ils ne nous enferment plus.

Cet amalgame vient d’une vision culturelle du deuil où “accepter la perte” est confondu avec “oublier”.
Or, le souvenir reste, mais la souffrance, elle, s’apaise.

Dans certaines cultures, la mort est célébrée comme un passage, une continuité du vivant sous une autre forme. Ce regard change tout : il invite à voir le départ de l’autre comme une transformation, et non comme une disparition. Accepter que l’autre soit “là-bas” et que nous soyons “ici”, c’est reconnaître que l’amour, lui, ne meurt pas. Le deuil accompli, c’est finalement l’amour rendu à sa juste place, libéré de la douleur.

Image d’une personne contemplant l’horizon au lever du jour, symbole du chemin intérieur et des premiers pas dans le processus de deuil.

Les émotions qui traversent le deuil sont multiples : tristesse, colère, peur, culpabilité, parfois même joie ou soulagement. Elles ne suivent aucune chronologie universelle en RDP.

Les “phases du deuil”, souvent citées, sont des repères utiles, mais la réalité est bien plus « organique ».

Une émotion peut revenir des années plus tard, ou s’effacer soudainement. Nous pouvons vivre un mix d’émotions sur un temps donné ou parfois même aucune émotion, ce qui peut même amener parfois l’entourage à nous questionner.

En RDP, ces émotions ne sont pas des étapes à franchir. Elles ont leur propre rythme et chronologie. Les accueillir dans un ordre “que l’on ne connaît pas” est la clé.

Ce n’est pas la tête qui fait le deuil : c’est le corps qui dicte le rythme.

C’est ici que le Ressenti Thérapeutique (RT) joue un rôle essentiel. Il permet d’entrer en relation directe avec l’émotion qui habite le corps. Plutôt que de la comprendre ou de la contrôler, on apprend à la ressentir pleinement, à la laisser exister. Accueillir une émotion nécessite un savoir-faire qu’il est possible d’acquérir avec le temps, avec au début, l’aide d’un accompagnement thérapeutique.

La tristesse, la colère, la rage, le désespoir, le déni… toutes ces émotions sont des mouvements intérieur. Lorsqu’elles sont vues et vécues consciemment, sans résistance et sans fuite, elles se déracinent d’elles-mêmes. Ce processus d’accueil ouvre un espace de soulagement physique et psychique. Le corps respire à nouveau, la tête se calme, le cœur s’apaise.

C’est un apprentissage : Il n’y a rien à “faire” : simplement être présent à ce qui est, avec douceur et sincérité. Le détail de cette approche est présenté sur la page. 👉 Le Ressenti Thérapeutique

Une main tendue vers un soleil couchant, symbole de la douceur, du lâcher-prise et de l’apaisement dans le deuil.

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