EMDR : Combien de séances sont nécessaires ?
✏️ Romain | 🗓️ 10 novembre 2025
Résumé de l’article :
Combien de séances EMDR faut-il pour que la cicatrisation s’opère vraiment ? L’EMDR, cette thérapie qui retraite les souvenirs traumatiques grâce à la stimulation bilatérale, n’offre pas de recette universelle. Le chemin dépend de votre histoire unique – traumatisme simple ou complexe, résilience personnelle, voire co-occurrence d’autres troubles – et dévoile ici ses secrets pour mieux comprendre votre parcours. Que vous ayez vécu un accident ponctuel ou des événements répétés, chaque séance agit comme une étape vers la réparation, sans précipitation ni formule magique : ici, la thérapie s’adapte à votre rythme, pas l’inverse.
Sommaire :
EMDR : pourquoi n’y a-t-il pas de nombre de séances magique ?

Vous vous demandez peut-être si l’EMDR est la bonne solution pour vous, et surtout, combien de temps cela prendra ? EMDR combien de séances ? La réponse, bien qu’essentielle, n’est jamais universelle. Cette thérapie, conçue pour retraiter des souvenirs traumatiques comme un disque dur digère des données bloquées, s’adapte à chacun. Le cerveau, encombré de « fichiers corrompus », est nettoyé par un outil ciblé dont l’efficacité varie selon la profondeur des blocages.
Le principe de l’EMDR repose sur la stimulation bilatérale : mouvements oculaires, tapotements ou sons alternés. Ces stimulations activent les mécanismes naturels du cerveau pour intégrer les traumatismes. Mais ici, pas de recette unique : la durée dépend de la complexité du vécu. Le thérapeute adapte le nombre de séances en fonction des besoins réels.
- Les traumatismes ponctuels (accident, phobie) peuvent se résoudre en 2 à 5 séances.
- Les traumatismes répétés (abus, violences) exigent souvent plus de 10 séances, voire 12 en moyenne.
La réceptivité personnelle, l’expertise du thérapeute et les troubles associés influencent aussi le parcours. Le nombre de séances EMDR s’ajuste à chaque étape, comme une thérapie sur mesure. Une évaluation initiale reste donc indispensable. Une étude de l’OMS en 2013 confirme que cette flexibilité garantit l’efficacité. En somme, l’EMDR s’aligne sur le rythme de guérison de chaque individu sans précipiter le processus.
Le nombre de séances EMDR : une estimation selon la nature du traumatisme
| Type de traumatisme | Exemples | Estimation du nombre de séances |
|---|---|---|
| Traumatisme simple (événement unique) | Accident de la route, agression ponctuelle, phobie spécifique | Généralement entre 2 et 6 séances |
| Traumatisme complexe (événements répétés ou prolongés) | Abus sexuels durant l’enfance, violences conjugales répétées, traumatismes de guerre | Souvent 10 séances ou plus |
Les traumatismes simples, comme un accident de la route, laissent des traces isolées. Le cerveau, comparable à un disque dur saturé, retrouve son équilibre après désensibilisation. Une étude indique que 77,4 % des patients traités précocement évitent le TSPT en 5 séances ou moins.
Les traumatismes complexes (abus répétés, violences conjugales) forment des nœuds émotionnels ancrés. Leur dénouement s’étale sur plusieurs mois, avec des séances bi-mensuelles après une phase hebdomadaire initiale. Le thérapeute adapte le rythme pour permettre l’intégration des progrès.
Les estimations varient selon l’âge, la résilience et l’expérience du thérapeute. Une victime d’agression isolée peut guérir en 4 séances, tandis qu’un vétéran de guerre pourrait nécessiter plus de 15 rendez-vous. L’expertise du praticien optimise le suivi.
Chaque séance dure en moyenne 1h. Les premières, hebdomadaires, stabilisent le patient. Le thérapeute surveille l’évolution via des outils d’évaluation pour ajuster le rythme ou conclure le suivi.
Une évaluation initiale identifie les antécédents, troubles associés et soutien social. Ce bilan cartographie les obstacles avant de fixer un cap.

Les facteurs qui influencent la durée de votre thérapie EMDR
Combien de séances d’EMDR sont nécessaires ? Au-delà de la gravité du traumatisme, d’autres variables déterminent la durée du traitement. Les traumatismes simples – un accident de la route, une phobie isolée – se traitent souvent en 2 à 5 séances. Les traumatismes complexes – violences répétées, événements précoces – requièrent souvent 10 séances ou plus. Mais ces chiffres ne disent pas tout. Décryptons les leviers clés.
- La réceptivité du patient : Chacun intègre les changements à son rythme, comme une cicatrisation qui dépend de l’organisme. L’ouverture à la thérapie ou l’expérience antérieure en soins influencent cette réceptivité. Un patient ayant déjà travaillé sur lui-même peut ainsi progresser plus vite.
- La présence de troubles associés : Anxiété, dépression ou dissociation élèvent la complexité. Le thérapeute stabilise parfois ces troubles avant d’aborder le traumatisme. Par exemple, un patient dissocié renforce sa connexion corporelle via des exercices de grounding, prolongeant le parcours. Le protocole DeTUR cible aussi les déclencheurs de comportements dysfonctionnels pour préparer le terrain.
- L’histoire de vie et les ressources internes : Un environnement stable ou des techniques de régulation émotionnelle accélèrent la thérapie. À l’inverse, des blessures d’attachement ralentissent le processus. Le protocole DIR (Développement et Installation de Ressources) renforce ces ancrages, transformant un « bateau fragile » en embarcation solide, prête à affronter les vagues du traumatisme.
- La relation thérapeutique : Une alliance de confiance est essentielle. Un thérapeute expérimenté adapte les techniques et sécurise le patient. Cette relation, établie dès les premières séances, permet d’aborder des souvenirs douloureux sans déstabiliser. Elle rend le suivi plus fluide.
Le thérapeute EMDR ajuste le plan de traitement en fonction de vos réactions. Il évalue vos progrès via des questionnaires, évitant étapes trop rapides ou trop longues. Besoin de pause entre deux séances ? C’est possible. L’essentiel ? Un suivi personnalisé, où chaque étape s’adapte à votre résilience. L’EMDR n’est pas une course : c’est un cheminement vers l’équilibre, où le thérapeute reste à vos côtés.
Comment se déroule concrètement une thérapie EMDR ?
L’EMDR, méthode validée pour traiter le stress post-traumatique, suit un protocole en huit phases. Ce cadre structuré garantit sécurité et adaptation individuelle. Mais comment fonctionne-t-il, et pourquoi le nombre de séances varie-t-il ?
La Phase de préparation : fondamentale pour la sécurité
Phase de préparation dure 1 à 4 séances, voire plus pour des traumatismes complexes. Le thérapeute établit une alliance de confiance et enseigne des techniques d’auto-apaisement (« lieu sûr », respiration). Ces outils permettent de gérer les émotions fortes pendant les séances. Sans cette base, le risque d’être submergé est réel.
Les phases clés du traitement
- Évaluation : Le patient identifie un souvenir précis et ses croyances négatives associées (ex : « Je suis coupable »).
- Désensibilisation : Des stimulations bilatérales (mouvements oculaires, tapotements) aident à retraiter l’information, réduisant la détresse.
- Installation : Une croyance positive remplace l’ancienne pensée (ex : « Je suis digne »), renforçant l’effet thérapeutique.
- Réévaluation : En début de chaque séance, le thérapeute vérifie la stabilité des progrès et ajuste le plan si nécessaire.
Pourquoi le nombre de séances varie
Un traumatisme ponctuel nécessite 2 à 5 séances, un vécu complexe (abus répétés, négligence) exige souvent 10 à 12 séances. Trois facteurs influencent cette durée :
➡️ Complexité du traumatisme : Plus les événements sont anciens ou répétés, plus les connexions sont ancrées.
➡️ Réponse individuelle : Certains patients intègrent les changements plus rapidement grâce à leur résilience.
➡️ Expertise du thérapeute : Un praticien expérimenté adapte les techniques pour maximiser l’efficacité.
L’objectif est une transformation durable. Le protocole en huit phases protège le patient à chaque étape. Selon l’OMS, cette méthode structurée est l’une des plus performantes pour restructurer les souvenirs douloureux.
Quand sait-on que la thérapie EMDR est terminée ?

Mais alors, comment sait-on que l’on arrive au bout du chemin ? La fin d’un traitement EMDR ne se résume pas à la simple disparition des symptômes. Elle marque une transformation profonde, un réaménagement intérieur où le trauma cesse d’être une source de souffrance active. C’est un processus collaboratif entre patient et thérapeute, qui évaluent ensemble les signes d’une intégration réussie.
Voici trois critères concrets pour identifier cette évolution :
- ➡️ La perte de charge émotionnelle : Le souvenir traumatique peut être évoqué sans être submergé par des émotions intenses. Il devient un épisode du passé, sans douleur associée.
- ➡️ L’intégration d’une croyance positive : Une pensée comme « Je suis coupable » est remplacée par une croyance bienveillante, par exemple « J’ai fait de mon mieux », ressentie comme vraie par la personne.
- ➡️ Des changements dans le présent : Le patient constate une amélioration tangible au quotidien. Des situations qui déclenchaient de l’anxiété ne provoquent plus les mêmes réactions. Il se sent plus en paix, plus libre dans ses choix.
Et si le processus semble incomplet ? Rien n’oblige à terminer en une seule fois. Le thérapeute reste disponible pour reprendre les séances si de nouvelles facettes du trauma émergent, ou si des situations actuelles réactivent des souvenirs. Comme le dit une patiente : « Le cocon devient alors un refuge, pas une prison. »
En résumé, la fin de la thérapie EMDR se reconnaît à trois signes : une émotion apaisée, une nouvelle croyance ancrée, et un quotidien transformé. Mais chaque parcours est unique – et c’est bien pour cela qu’une évaluation personnalisée reste essentielle.

